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VIIe conférence internationale du chêne

Morton ArboretumMorton Arboretum

Le dendrologue Thierry Lamant qui, grâce à plusieurs expéditions botaniques, a déjà enrichi de nouvelles espèces la collection nationale de chênes de l’Arboretum des Grandes Bruyères, était présent en octobre à la VIIe conférence internationale du chêne à Lisle, près de Chicago. Il témoigne (extraits).

En tant que membre (et ancien vice-président) de la “International Oak Society”, j’ai fréquemment participé à cet événement triennal qui revenait cette année au Morton arboretum, cadre de la toute première conférence organisée en 1994. Cette fois nous étions très nombreux (120 personnes, contre 30 la première fois) en provenance de quinze nations différentes, dont cinq Français. C’est notamment grâce au soutien d’Arboretums de France que j’ai pu participer à cet événement botanique majeur.

Pinus densiflora UmbraculiferaPinus densiflora Umbraculifera

Des échanges nombreux

Le Morton arboretum est réellement l’un des poumons verts de Chicago, avec environ 688 hectares. Fondé en 1922 par Joy Morton (1855- 1934), il s’agit d’un site privé. Réputé internationalement, il emploie 200 personnes à temps complet (dont une équipe scientifique), 150 saisonniers et un millier de bénévoles ! De tels chiffres font rêver. L’intérêt de la population pour le végétal, pour ne pas dire l’amour pour l’arbre et les espaces verts considérés comme un lieu de détente et de savoir, se manifeste ostensiblement Outre-Atlantique. Entre plusieurs explorations de l’arboretum, la conférence a permis d’assister à des exposés de haut niveau et des ateliers de travail sur la conservation des espèces menacées de chênes comme Quercus sichourensis, une espèce à feuillage persistant originaire du sud de la Chine et connue uniquement sous forme de onze arbres isolés en quatre populations disjointes.

Vingt lots de graines pour les Grandes Bruyères

Feuilles de Quercus albaFeuilles de Quercus alba

Ces journées très studieuses se sont conclues par un “Seed Exchange” qui met à disposition des congressistes des graines, majoritairement des glands, ramassés par des collègues nordaméricains et qui après un contrôle phytosanitaire préalable peuvent être gracieusement acquises et exportées. Ainsi ai-je pu rapporter pour l’Arboretum des Grandes Bruyères vingt lots de graines appartenant à dix-huit espèces différentes dont douze de chênes dont la plupart n’y sont pas cultivées, telles Quercus arizonica, le sublime Quercus hypoleucoides et Quercus grisea. Parmi les autres genres figure le Magnolia des Appalaches (Magnolia fraseri), un superbe arbre à grandes fleurs et à longues feuilles losangiques, rarement cultivé.

De nouvelles connaissances

Avoir pu assister à un tel événement, de haut niveau scientifique (le spécialiste français de la génétique des chênes et de renommée mondiale Antoine Krémer y participait) m’a permis d’acquérir des connaissances nouvelles sur ce genre passionnant qu’est le chêne, d’y accroître un passionnant réseau relationnel de dendrologues (voir l’article “Métier dendrologue”) tout en apportant une contribution à l’enrichissement de collections botaniques françaises telle celle des Grandes Bruyères, par l’apport d’espèces peu ou pas cultivées sur notre territoire.

Thierry Lamant