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PLAIDOYER POUR DES MAL AIMES : Chiroptères, nos amis (1)…

On dit que, il paraît, on m’a raconté… Flous, incomplets, déformés, erronés ou exagérés, le nombre de “on-dit” et de notions colportés sur les chiroptères est à la mesure de la peur qu’ils suscitent. Quel paradoxe : c’est la petite bête qui fait peur à la grosse !

Chauve-souris

Bien sûr il y a des “pros” qui n’apprendront rien dans les lignes qui vont suivre. Ce plaidoyer s’adresse aux néophytes, nous tous, victimes de ce qu’il faut bien appeler notre ignorance. Nous nous méfions, nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Cette plaidoirie, que nous vous présenterons en chapitres successifs, fera une description partielle des chiroptères de France et de leur cycle de vie, afin d’éclairer, entres autres, sur nombre de maux qui leur sont imputés.

On les appelle “chauves-souris”

Chiroptères, mot souvent inconnu du grand public, est la vraie appellation des chauves-souris. Ce mot vient du grec : chiro = main, et pteron = aile. C’est la main qui est transformée en aile. Le nom commun de chauvesouris est totalement erroné : elles sont velues, donc pas chauves, et ce ne sont pas des souris (rongeurs) mais des insectivores (toutes celles de France). L’intérêt de la connaissance des chiroptères réside dans leur morphologie et leurs comportements spéciaux, bien souvent propres à cet ordre. Ce sont tous des mammifères : ils ont donc des mamelles et allaitent leurs petits. Ce sont les seuls mammifères réellement volants (au fait, pourquoi mammifère avec deux “m ” et mamelle un seul ? Une mammite deux ?) Vaste sujet que l’orthographe française…

Aile de chauve-souris

Des espèces protégées

Toutes les espèces de chiroptères de France sont protégées par l’arrêté du 17.04.1981 qui spécifie : “Sont interdits, sur tout le territoire national, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation, qu’ils soient morts ou vivants, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur vente ou leur achat (art. 1) de toutes les espèces de chauves-souris.” Nous nous contenterons de parler de nos espèces, plus brièvement de celles particulières de l’hémisphère sud, comme les renards volants (roussettes) qui sont frugivores, ont de grands yeux et un bon odorat, l’écholocation (voir le prochain chapitre) étant souvent absente. Leur vue et flair leur suffisent pour trouver des fruits.

Quelques généralités

Aujourd’hui, on connaît dans le monde environ 1 000 espèces de chauve-souris, 34 en France, 17 dans le Loiret. Mais avec les progrès de la génétique et de l’acoustique, on en découvre d’autres régulièrement. Elles ont toute une gamme de particularités. Suivant les espèces, le poids peut varier de 4 g à 50 g (plus d’1 kg pour certaines roussettes). L’envergure varie de 10 à 40 cm, (plus d’1m pour les roussettes). Les couleurs sont majoritairement dans les bruns, certaines ont le ventre blanc. Le patagium (peau des ailes) et l’uropatagium (peau entre queue et pattes) sont en général plus foncés que le pelage, presque noirs. L’uropatagium a quelquefois un liséré blanc et/ou des grands poils en bordure (frange). Notons cette particularité, relative à la majorité des espèces de l’hémisphère sud (par exemple les roussettes) : elles ne possèdent pas de queue et donc pas d’uropatagium. Leur silhouette en vol est très différente de celle de nos chauves-souris. Et encore : dans le monde des chiroptères, certaines espèces sont insectivores, d’autres frugivores, nectarivores, partiellement carnivores ou hématophages. Après le schéma de la morphologie d’une de nos chauve-souris, nécessaire à la compréhension des descriptions, nous vous parlerons, dans le prochain bulletin, de leur principale particularité : l’écholocation.

Jean-Claude VIGNANE “Chiroptérologue” amateur

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