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Le combat de la biodiversité

Bernard de La Rochefoucauld

Cinquante trois scientifiques internationaux (Task Force on Systemic Pesticides) viennent de publier les conclusions d’une étude consacrée aux insecticides dits “systémiques” (véhiculés par la sève des plantes).

Elles font froid dans le dos. Représentant 40 % des ventes de pesticides dans le monde, ces produits ont des effets ravageurs, non seulement sur les abeilles et autres insectes pollinisateurs, mais aussi sur les vers de terre (tellement utiles à l’écologie des sols), les invertébrés aquatiques, les oiseaux, les poissons, les mammifères. Cette étude fait écho à des travaux antérieurs, tels ceux menés récemment dans le Sud-Ouest, qui ont montré la responsabilité des pesticides utilisés en viticulture dans la survenue de lymphomes et de la maladie de Parkinson. On peut aussi évoquer l’étude de l’Institut de veille sanitaire conduite en 2000 en Corrèze, dans une zone de monoculture pomicole : consacrée aux conséquences de l’inhalation de pesticides, elle a souligné l’augmentation sensible des consultations pour asthme, rhinites, toux, sinusites et autres pathologies ORL en période d’épandage. Quel paradoxe ! En traitant massivement ses cultures pour produire plus, l’homme détruit corollairement ses alliés naturels (abeilles pollinisatrices, vers de terre…) s’exposant ainsi, à terme, à produire moins ! Il altère également sa propre santé et contribue à un dangereux appauvrissement de la diversité végétale et animale.

Que faire ? Arboretum écologique d’où tout produit phytosanitaire est banni, l’Arboretum des Grandes Bruyères a engagé le combat du respect de la nature et de la protection de la biodiversité, indispensable à la survie de notre espèce. C’est une cause vitale, qui passe aussi par la conservation des espèces menacées, en particulier avec la création de collections botaniques.

Bernard de La Rochefoucauld