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Courrier de Danielle Valentin aux donateurs - Mars 2015

Quand le dernier arbre aura été coupé, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, vous découvrirez – trop tard – que l’argent ne peut pas se manger.

Geronimo, chef Apache (1829 - 1909)

Chère Amie, Cher Ami d’Arboretums de France,

Est-il possible d’imaginer le ciel de printemps sans le ballet des hirondelles et des martinets ? Peut-on concevoir de ne plus entendre les cris des moineaux voletant d’arbre en arbre dans nos jardins publics ?

Comme vient de le souligner une étude internationale, plus de 420 millions d’oiseaux ont disparu d’Europe en trente ans. Une hécatombe, avec des effectifs réduits jusqu’à 90 % pour le moineau, l’étourneau ou la perdrix grise. Et l’hirondelle a régressé de 80 % !

Victimes de la pression foncière qui réduit chaque jour leurs habitats, de la pollution et de l’usage intensif des pesticides, les oiseaux sont le symbole d’une diversité biologique partout menacée. Entre 1970 et 2010, un Indice qui mesure l’évolution de 10 380 populations de 3 038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons a chuté de 52 %, soit une perte de 40 % des populations d’animaux sauvages de la planète.

Qu’en est-il des espèces végétales ? Dans le monde, une plante sur cinq est en voie d’extinction. Et 70 % des arbres sont menacés d’embolie à cause du manque d’eau récurrent !

La menace la plus redoutable, le facteur d’aggravation irréversible de ces phénomènes, est le changement climatique, lié aux émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique, méthane). Ses effets déjà avérés : phénomènes climatiques extrêmes plus violents et fréquents, tempêtes, canicules, sécheresse, réchauffement des océans et leurs corollaires (érosion, inondations, migration des espèces animales et végétales, montée des eaux). Ils ne sont rien comparés à ce qu’ils pourraient être si l’humanité ne réduit pas drastiquement ses émissions (de 40 % à 70 %) d’ici 2050 ! Telles sont les conclusions unanimes du Groupement International d’Experts du Climat mandaté par l’ONU.

Mais alors, s’interrogera-t-on, Arboretums de France et ses donateurs, perdus dans cet océan de catastrophes annoncées, sont-ils condamnés à ne rien faire ? Nos parcs, nos jardins botaniques, ultimes refuges de la biodiversité végétale et animale, sont-ils voués à devenir les ultimes poches de résistance de ce monde déréglé ? Nous ne le croyons pas. Car de même qu’il est encore possible – et peut-être la conférence internationale “Paris Climat” en décembre 2015 le démontrera-t-elle ? – d’inverser le cours des choses, la lutte quotidienne des arboretums en faveur de la biodiversité est essentielle.

Acte de foi dans l’avenir, c’est une pierre très concrète apportée à la sauvegarde des espèces, ce véritable passeport pour l’avenir. Car le destin des hommes est indissociable de celui du monde vivant, sous toutes ses formes. Nous vous présentons, dans notre bulletin de printemps, le remodelage de la partie consacrée à l’Asie de l’Arboretum des Grandes Bruyères. C’est une évolution indispensable pour cet espace vivant où, ces derniers mois, plus de 120 conifères menacés du monde entier sont déjà venus enrichir les collections grâce à votre générosité. C’est une contribution modeste que nous pouvons apporter, ensemble, à la grande cause du vivant, en n’oubliant jamais que “l’union fait la force”.

Danielle Valentin - Déléguée générale

PS : par exemple, planter un arbre et créer l’environnement qui lui convient nous revient à plus de 100 €. Retournez dès aujourd’hui votre bulletin de don ou faites un don en ligne. Aidez-nous dans la durée par votre don régulier. Informez-vous sur les legs, donations et assurances-vie en notre faveur. Au nom de tous les arboretums qui travaillent chaque jour à sauver notre patrimoine botanique, encore mille fois merci !