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Découvrir et protéger

Franklinia alatamaha

C’est un petit arbre de la famille des théacées, baptisé Franklinia alatamaha, ou “arbre de Franklin”, en hommage à l’un des pères de la constitution américaine, Benjamin Franklin. Originaire d’Amérique du nord, il a disparu de sa Georgie natale à cause des déforestations liées notamment à la culture du coton.

Pourtant, l’Arboretum des Grandes Bruyères en possède plusieurs spécimens ! Ce “miracle” porte un nom, celui de John et William Bartram qui, à la fin du XVIIIe siècle, pressentant la fin prochaine de l’espèce, récoltèrent des graines sur les derniers survivants, décrivirent celle-ci et lui donnèrent un nom, puis cultivèrent cet arbre délicat en jardin botanique, assurant sa transmission jusqu’à nous.

Bernard de La Rochefoucauld

La disparition des espèces n’est pas un phénomène nouveau, mais elle a pris une singulière ampleur au cours des dernières décennies. Combien de modernes John et William Bartram faudrait-il aujourd’hui former à la dendrologie, la science des arbres, puis envoyer de par le monde pour sauver toutes les espèces mises en danger par l’effet combiné de la déforestation et du changement climatique ?

La tâche est immense ! Mais notre contribution à cette grande cause n’en est pas moins déterminée : en formant aux Grandes Bruyères de jeunes jardiniers à la connaissance des arbres et au travail d’inventaire botanique ; en plantant et en acclimatant au sein de nos collections des espèces rares ou menacées (de chênes, de conifères…), afin de pouvoir ensuite les transmettre ; et en finançant des expéditions botaniques, qui constituent un volet complémentaire et indissociable de nos missions. Ces expéditions nous inscrivent dans une longue tradition qui, de Charles Plumier, le “botaniste du roi”, jusqu’aux Vilmorin, a permis de rapporter et d’acclimater en Europe des espèces végétales dont nous ne saurions plus nous passer en termes ornemental, forestier ou utilitaire.

Bernard de La Rochefoucauld Fondateur d’Arboretums de France