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IL Y A QUARANTE ANS… La valeur patrimoniale des parcs botaniques

Bulletin numéro 3 de l’APBF de 1980Bulletin numéro 3 de l’APBF de 1980

En 1980, lors de “l’Année du Patrimoine”, Jean Pourtet, vice-président de l’Association des Parcs Botaniques de France, signait dans le Bulletin de l’association un éditorial qui n’a rien perdu de sa pertinence et qui, à l’heure d’une disparition inquiétante des espèces botaniques, prend une résonance toute particulière. Extraits.

Les hautes autorités de l’Etat ont décidé que 1980 serait l’année du patrimoine des Français (…) Cependant, si nous avons vu une allusion au "patrimoine vert", il ne semble pas qu’on ait beaucoup pensé au patrimoine naturel dont la loi sur la Protection de la Nature du 10 juillet 1976 visait explicitement la sauvegarde. Les parcs, jardins et espaces verts dont notre association se préoccupe sont des éléments essentiels du patrimoine naturel (…) et nous pouvons nous flatter d’avoir procédé dès 1976 au recensement de 74 collections “vivantes" (…) Patrimoine est pour beaucoup quelque chose de statique, ce qui ne veut pas dire qu’on doit l’abandonner (…) “Patrimoine vivant” avons-nous dit, et cela entraîne des obligations (…) Si nous laissons un arboretum vieillir doucement avec un simple traitement de propreté et d’esthétique, nous aurons un parc de plus en plus clairsemé qui aura de beaux restes mais ne sera plus un arboretum.

Protéger, maintenir, sauver

C’est à dire qu’il ne pourra plus jouer un rôle d’enseignement, en particulier pour l’éducation et la formation du public ; il sera de moins en moins une précieuse réserve de gènes, source de matériel de propagation d’espèces ou de cultivars, non seulement rares et parfois menacés, mais permettant d’agrémenter en le diversifiant notre cadre de vie (…) Le programme de l’APBF est tout tracé : parachever le recensement (…) recueillir toutes les informations sur les richesses du patrimoine (…) s’assurer de l’identification correcte de nos plantes (…) maintenir la richesse de nos jardins ou la reconstituer (…) Nous croyons devoir insister sur la valeur de l’extraordinaire patrimoine que représentent les parcs botaniques, jardins et arboretums recensés (…) Ils doivent être en priorité maintenus, protégés, sauvés s’ils sont menacés… Ceci n’exclut pas la création de nouvelles collections mais il ne faudrait pas oublier au profit de l’avenir des témoins du passé encore bien vivants et auxquels quelques efforts peuvent rendre tout leur lustre et leur intérêt.

Bulletin numéro 3 de l’APBF