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Aux Grandes Bruyères, des inondations et leurs graves conséquences

Arboretum inondéArboretum inondé

Inondé à deux reprises lors des exceptionnels épisodes pluvieux de mai-juin dernier, l’Arboretum des Grandes Bruyères a subi un important préjudice botanique mais également financier. Après de premiers travaux de remise en état, l’heure est au bilan.

Les Français ont pu suivre presque en direct, derrière leur télévision, les inondations qui ont affecté le Loiret en mai et juin. Quarante-cinq jours successifs de pluie dans ce département ont en effet eu de graves conséquences. On se rappelle la longue coupure de l’autoroute A 10 au nord d’Orléans, noyée sous les eaux sur plusieurs kilomètres ; l’inondation de la RD 2020 (ex Nationale 20) coupée à la hauteur de La Ferté-Saint-Aubin suite à la crue du Cosson ; les rues de Montargis inondées après le débordement des canaux de la ville, sans oublier tous ces villages riverains du canal d’Orléans, victimes du mauvais entretien de celui-ci et de son réseau hydrographique. Une catastrophe qui n’a pas épargné l’Arboretum des Grandes Bruyères, à Ingrannes, inondé une première fois les 29 et 30 mai, et de nouveau partiellement sous les eaux entre le 14 et le 20 juin.

Des dégâts botaniques multiples

Nulle cause “extérieure”, toutefois, dans les inondations de l’Arboretum. La géologie explique seule le phénomène, avec un sol constitué de terrains sableux superposés à des terres argileuses imperméables : lorsque les sables sont saturés d’eau de pluie, celle-ci, qui ne peut pénétrer plus en profondeur, s’accumule en surface. Les dégâts engendrés par ces inondations sont multiples. Le plus symbolique est la mort d’un des grands arbres de notre collection de conifères, un Larix decidua (Mélèze d’Europe) remarquable par sa taille (près de 20 mètres) et l’élégance de son port. D’autres arbres – en particulier des conifères – sont aujourd’hui en observation : bien qu’apparemment moins touchés, seul le temps nous permettra de mesurer la gravité réelle du préjudice qu’ils ont subi.

Mélèze d’EuropeLe remarquable Larix decidua (Mélèze d’Europe) de la collection de conifères, mort suite aux inondations, va devoir être entièrement démonté. Une opération complexe et coûteuse du fait de sa taille exceptionnelle : près de 20 mètres.

On peut craindre, en effet, que ces conditions favorisent le développement de champignons et la prolifération des parasites. D’autre part, cet excès d’eau a entraîné la pousse anarchique d’une végétation indésirable, transformant, aux premières chaleurs de juillet, plusieurs parties de l’arboretum en véritable forêt vierge.

Des conséquences financières

L’obligation de fermer l’Arboretum pendant plus de trois semaines en pleine période de visites constitue le préjudice financier le plus immédiatement mesurable. Près de 5 000 € ont ainsi été perdus sur mai et juin, soit environ 50 % des recettes de billetterie attendues. Il est difficile d’évaluer précisément (mais l’on sait qu’il s’agit de plusieurs milliers d’euros) les surcoûts engendrés par la remise en état des allées et des parterres, le défrichage et le désherbage (manuel, car tout produit chimique est proscrit). Une intervention, hélas indispensable, est en revanche facilement chiffrable : l’abattage probable (on parle ici de “démontage”, car l’arbre doit être tronçonné en plusieurs parties depuis le haut, puis élagué et dessouché avant d’être évacué) du grand Mélèze d’Europe : environ 1 500 € ! Il est à espérer qu’aucun épisode de vents forts n’interviendra dans les semaines à venir, car sur les sols rendus très meubles de la Forêt d’Orléans, les risques de déracinement d’arbres sont aujourd’hui bien réels. Avec, là encore, des conséquences botaniques et financières potentiellement très lourdes.

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