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21 et 22 mai aux Grandes Bruyères, les “Journées de la biodiversité”

À l’occasion de la “Journée internationale de la diversité biologique”, l’Arboretum des Grandes Bruyères?, dans le Loiret, ouvre une nouvelle fois ses portes le week-end des 21 et 22 mai. Au programme, des visites guidées d’observation de la très riche faune qui peuple cet espace écologique protégé, où l’utilisation de tout produit chimique est proscrit.

Première “Réserve naturelle volontaire” créée en France (et classée depuis 1979), l’Arboretum des Grandes Bruyères, propriété d’Arboretums de France, possède sur ses 14 hectares d’importantes populations de mammifères, amphibiens, oiseaux et insectes, objets de recensements réguliers. Le dernier en date a été mené en 2015 par Jean-David Chapelin-Viscardi, du Laboratoire d’Eco-entomologie d’Orléans. Fondé sur des travaux antérieurs et un nouvel inventaire sur le terrain (trois visites dans l’année de plusieurs entomologistes), il a mis en évidence la présence de 520 insectes observés depuis vingt ans(avec une forte progression en nombre sur 2014 et 2015), soulignant l’intérêt patrimonial élevé de l’Arboretum et la pertinence de ses méthodes de gestion pour la préservation de la diversité entomologique.

Potentiellement 800 espèces d’insectes

Parmi les espèces recensées au fil du temps par la Somos (Société pour le Muséum d’Orléans et les sciences), le LEE (Laboratoire d’Eco-entomologie) et les responsables de l’Arboretum des Grandes-Bruyères, quarante-et-une appartiennent aux espèces dites “patrimoniales”, ensemble regroupant les espèces protégées, les espèces menacées et les espèces rares.

Une Leucorrhinia caudalis et une Epitheca bimaculata1- Une Leucorrhinia caudalis (Leucorrhine à large queue). Elle a été rencontrée pour la première fois aux Grandes Bruyères en 2011. Un an après, trois spécimens de cette libellule – en danger au niveau régional et qui fait l’objet d’un Plan national d’actions – étaient détectés sur le site. ©Photo David Tellez. 2- Epitheca bimaculata, la Cordulie à deux taches, une libellule rare et d’intérêt écologique. ©Photo Jean-David Chapelin-Viscardi

On compte ainsi six odonates (libellules, dont une protégée), sept lépidoptères (papillons, tous d’intérêt écologique), vingt-six coléoptères (dont cinq espèces menacées au niveau régional), une hétéroptère (punaise) et un hyménoptère. Les observations ont également permis de relever la présence de neuf espèces exotiques et/ou “nuisibles” (le redoutable frelon asiatique, par exemple). La diversité et l’intérêt des populations d’insectes recensées à l’Arboretum des Grandes Bruyères plaide pour le maintien des pratiques sans utilisation de molécules chimiques de synthèse. La préservation de la mosaïque d’habitats, notamment des milieux aquatiques (le réseau de mares, fossés et ruisseaux) et des habitats forestiers autour de l’Arboretum, est également indispensable. Reste aujourd’hui à approfondir ces travaux par de nouvelles observations, campagnes de piégeages et autres recherches ciblées. Les scientifiques estiment en effet le potentiel d’espèces présentes autour de huit cents !

Guêpe asiatique Isodontia mexicanaIsodontia mexicana, une guêpe venue des Amériques et détectée dans l’Arboretum. ©Photo Alain Larivière

Rendez-vous à l’Arboretum les 21 et 22 mai pour les Journées de la biodiversité

Journées de la biodiversité

LE SAMEDI : visite et observations des insectes, avec Jean-David Chapelin-Viscardi
LE DIMANCHE : visite et observations des oiseaux avec Jean-Louis Sauvard
Renseignements au 02 38 57 12 61
Arboretum des Grandes Bruyères?, à Ingrannes (Loiret)

Une faune très riche

Oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles

Hibou moyen ducHibou moyen-duc, naissances aux Grandes-Bruyères en 2012

Un premier inventaire ornithologique avait été réalisé à l’Arboretum des Grandes Bruyères entre 1998 et 2000 par François Larigauderie, des Naturalistes Orléanais. Complété et enrichi de vingt-neuf espèces nouvelles entre 2006 et 2009 par Jean-Louis Sauvard, de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), il recense aujourd’hui pas moins de cent-six espèces d’oiseaux hivernants, nicheurs ou de passage comme l’Alouette lulu, la Bécasse des bois, le Coucou gris, l’Engoulevent d’Europe, le Faucon hobereau, la Fauvette pitchou, l’Hirondelle de rivage, la Mésange huppée, le Milan noir, le Rossignol philomèle, la Tourterelle turque, le Vanneau huppé… pour ne citer qu’eux, et quelques grands rapaces tels l’Aigle botté et le Balbuzard pêcheur.

Deux spécimens de chiroptères (chauves-souris)Noctule commune, Oreillard, deux spécimens de chiroptères (chauves-souris) observés aux Grandes-Bruyères. ©Photos Laurent Arthur.

En 2003-2004, sur un an et demi, un inventaire des mammifères, reptiles et amphibiens réalisé par Jean-Claude Vignane, de l’association Loiret Nature Environnement, a permis de recenser sur le territoire de l’arboretum treize mammifères insectivores (Musaraigne musette, Taupe européenne, Hérisson), chiroptères (Pipistrelle commune, Sérotine commune, Noctule commune, Oreillard) et rongeurs (Campagnol roussâtre, Mulot sylvestre, Mulot à collier, Lérot, Ecureuil, Lapin de garenne), huit amphibiens (Salamandre, Triton crêté, Triton marbré, Triton palmé, Crapaud commun, Grenouille agile, Grenouille verte, Rainette arboricole) et cinq reptiles (Lézard des murailles, Lézard des souches, Lézard vert, Couleuvre à collier, Orvet).